Discours de Daniel CONSTANT, Maire de Castres-Gironde, pour l'inauguration de l'école
 
Discours d'inauguration du 23 janvier 2010
Bienvenue dans ce sanctuaire de la République qu'est l'école publique, laïque, gratuite et obligatoire. Si besoin était, le carton d'invitation rappelle l'état de conviction des élus que nous sommes par rapport à l'école communale.
Jamais d'hésitation pour améliorer les conditions d'instruction des élèves ni pour donner aux enseignants les éléments modernes qui leurs permettent d'exercer leur difficile métier d'instruire et d'éduquer qui réclame, tout autant aujourd'hui qu'hier, une foi dans leur travail couplée d'une foi raisonnée dans la nécessité et dans la valeur de l'école, éducatrice universelle. Notre reconnaissance à leur égard ne doit jamais faiblir.

A Castres, nous n'avons pas l'habitude de faire des inaugurations à chaque fin de chantier même s'ils sont réguliers. Ainsi, aujourd'hui nous présentons un ensemble de travaux engagés dès 2002 consécutivement à l'accueil important d'environ 600 nouveaux habitants dès l'année 2000.

Notre école, au cœur de la cité, modulable à souhait, grâce au concours zélé du Cabinet d'architecture Piou Lacoste et Jean Marc Gauthier s'est donc transformée et agrandie
- Construction de 4 classes
- Agrandissement du dortoir
- 1 salle d'expression corporelle mobile de 120 m²
- 2 préaux primaire et maternelle
- 1 salle d'accueil périscolaire
- les trois cours, d'entrée, du primaire et de la maternelle entièrement restructurée. (toujours trop petites disent les parents d'élèves mais que je sache, Madame l'Inspectrice de l'éducation nationale, les résultats scolaires ni le bagage acquis ne sont toujours pas proportionnels à la surface des cours de récréation !)
 
Je dois féliciter, certes les architectes pour les différentes intégrations fonctionnelles et agréables à vivre et à voir, mais aussi les artisans qui ont œuvré de tout leur savoir faire et dont je ne peux pas, et je les prie de m'en excuser, égrainer tous leurs noms car je dois donner l'exemple de discours court pour laisser du temps d'intervention à chacun. Vous avez aussi admiré les fresques de notre artiste élu Miguel DUPUY et des élèves.
 
Suite aux tempêtes de 1999 et de 2009, notre bois de Savis, poumon vert de 14 hectares enfermé dans le thorax de notre développement urbain, a été dévasté et les arbres biséculaires ont rompu sous les éléments déchainés.
En entraide parfaite, les écoliers, les enseignants, les employés communaux et des parents d'élèves ont relevé le défit d'Ecole et se sont engagés dans la plantation d'un arborétum.

Une piste cyclable d'un petit kilomètre de long dont l'emprise de 10 mètres de large a été régulièrement négociée avec les lotisseurs au cours des douze dernières années. Et oui les projets partent souvent de loin ! Une piste qui, tout en s'inscrivant dans le schéma des itinéraires cyclables de notre communauté de communes, relie, le nouveau lotissement du hameau de Savis à la fois au bois de Savis, au stade, à la crèche, à la maison de retraite, à l'école, au futur ensemble culturel et sportif , à notre image, modeste toutefois, pour lequel nous ne manquerons pas de solliciter les aides de l'Etat, du Conseil Régional, du Conseil Général même si en ce début d'année, les réformes engagées de la taxe professionnelle et des collectivités territoriales nous imposent une vraie prudence dans la construction de nos équilibres budgétaires.
Mais, aides nous avons reçues pour tous ces derniers travaux et nous vous en remercions très chaleureusement.
Ainsi, pour faire assez vite, toutes réalisations confondues, sur environ 650 000€ TTC de coût les subventions sont honorables et conséquentes.

L'Etat – DGE    102 000€
Le Conseil Général     78 000€
Fonds de réserve parlementaire
Mr Ducout Député honoraire    15 000€
Mr Rousset Député     8 000€
Fond d'Aide Intercommunal à l'Investissement de la CdCM pour la mise en place duquel j'ai beaucoup contribué 9 700€
Don (lotisseur Francelot) 5 000€
 
Soit 212 000 euros soit 40% du coût HT. Le solde, devinez, les administrés, pour leur bien à tous !
 
Sans ces participations généreuses et substantielles nos communes rurales qui, aux portes de la métropole bordelaise, sont destinées plus ou moins malgré elles à accueillir de nouvelles populations ne pourraient offrir le minimum de services attendus et s'il en est un d'obligatoire moralement et pratiquement c'est bien celui de notre école, et nous en sommes tous fiers.
Il est un sujet moins noble, pas facile mais je vais oser, qui outre une résonnance sur l'ensemble de la Commune pèse sur le fonctionnement de cet établissement scolaire.
Dans le respect des lois de la République, imprégnés des notions d'humanisme, de tolérance et de reconnaissance de la spécificité citoyenne des gens du voyage, nous subissons, malgré tout avec indulgence, depuis de nombreuses années mais aujourd'hui d'une manière plus accentuée encore, à la limite du supportable, la présence de nomades, (manouches, roms ou gitans).

Une bonne quarantaine de caravanes, et leurs occupants tous plus miséreux les uns que les autres offrent une vision de quart monde en bordure de notre territoire.

Une petite vingtaine d'enfants les plus proprets possible pour l'occasion fréquentent plus ou moins régulièrement l'école. C'est tant mieux et il faut le dire, les enseignants ne reculent pas devant la tâche, le climat y est correct, la vie y est commune, l'enseignement et la compréhension des valeurs humaines y est riche et profitable à chacun. Le coût des impayés de cantine est de 3000€, mais la soupe partagée y est chaude.
De compétence intercommunale, la problématique des gens du voyage ne peut ni ne doit rester plus longtemps ciblée, dans ces conditions inhumaines, sur Castres. Les images d'Haïti font pleurer et appellent à l'aide, à la solidarité, les images de chez nous créent de la révolte, de l'incompréhension, de l'opposition, de la haine.
Un équilibre de stationnement pour ces gens là, que les élus du canton de La Brède n'ont toujours pas su trouver depuis 20 ans (loi Besson de 1990) est urgent et salutaire pour tous. « L'esprit des lois » n'était-ce pas de Montesquieu de La Brède ?
Comment des responsables, élus du peuple, peuvent-ils dire décemment, « aucune aire nomade d'accueil même structurée, sur ma commune » avec un grand « ma » possessif !
Au secours Mr le Préfet,
Au secours Mr le Député, Président du Conseil Régional d'Aquitaine,
Au secours Mr le Président du Conseil Général,
Au secours Mr le Conseiller Général du Canton de la Brède,
Au secours Mr le Président de la Communauté de Communes de Montesquieu,
L'heure est passée de tergiverser, d'atermoyer, il nous faut définir les règles d'acceptabilité de ces populations sœurs, les appliquer sur chacune des communes et décider là où les cercles de faisabilité se croisent, sans regarder les noms mais le seul intérêt du territoire.
L'implication décisionnelle de l'Etat (porteur de la loi) est impérative et cruciale.
Pour l'avoir souvent évoquée avec Monsieur Bernard Gonzales, notre Sous Préfet, et vous-même, hier soir encore, Monsieur le Préfet, je ne doute pas de votre intérêt majeur pour ce problème.
Hormis ce sujet aux couleurs d'apartheid, CASTRES est une commune tranquille, ouverte toujours aussi appréciée, ne serait-ce que pour son sol sanctuarisé lui aussi pour la viticulture, toujours aussi incontournable qu'incontournée, comme au temps des Romains.
 
Merci Madame, Messieurs, pour votre présence,
votre aide,
votre soutien à venir !
 
J'étais, avec mes collègues du conseil municipal, très heureux de vous montrer et de dire tout ça.